L’eau de piscine n’est pas une eau vive sans cesse renouvelée, comme celle d’une rivière.Il s’agit d’une eau qui évolue dans un circuit fermé, dans un bassin. Et pour que cette eau demeure belle, cristalline et seine, que le confort de baignade soit optimum, il est « malheureusement » nécessaire de la traiter.

 

Et même si c’est à la filtration que revient la plus grande part de l’entretien de l’eau, le traitement chimique de l’eau est indispensable. Il consiste en deux actions essentielles :

– Assurer la désinfection permanente de l’eau et la protéger des algues

– Maintenir son équilibre

 

  • L’eau est un milieu vivant

L’eau est un milieu vivant qui évolue en permanence sous l’affluence de nombreux facteurs : l’ensoleillement, la chaleur, une forte luminosité sur une longue période, un temps orageux, le vent, l’environnement (végétation, insectes, poussières…), le nombre de baigneur (un baigneur pollue environ 6m3 d’eau)

Tout ceci peut provoquer, dans l’eau, le développement rapide de germes pathogènes (bactéries, virus, champignons) ou d’algues (vertes, brunes ou noires), il convient donc de bien surveiller son eau, d’autant que, plus la température est élevée, plus l’évolution peut être rapide.

Heureusement pour nous, les algues qui se voient, elles (!), suivent la même évolution que les germes pathogènes, elles sont donc un bon indicateur de l’état de l’eau.

 

  • Un équilibre instable

L’eau contient un certain nombre d’oligo-éléments et de minéraux, et le maintien de son équilibre est un point très important, dans la mesure où il facilite l’entretien de la piscine, assure une plus grande efficacité des produits et procure au baigneur confort et bien-être.

Le pH de l’eau est l’un des éléments les plus importants à surveiller. Un bon pH, entre 7,2 et 7,4, est le garant d’une eau belle, d’une grande efficacité des produits de traitement et d’un réel confort pour le baigneur.
[/pane] [pane title= »Connaître les produits et leur action, les utiliser à bon escient ! »] Pour traiter votre eau efficacement, il est avant tout important de le faire régulièrement, en respectant les dosages et la périodicité conseillée.

Mieux vous connaîtrez les produits que vous utilisez, leur composition et leur mode d’action, mieux vous traiterez votre eau. Alors n’hésitez pas à vous informer un minimum à leur sujet, vous économiserez ainsi beaucoup de temps, d’énergie et d’argent.

Ce qu’il ne faut pas faire : ne pas avoir de programme de traitement et rester de long moments sans s’occuper de l’eau de sa piscine sous prétexte qu’on ne se baigne pas; puis pour récupérer une eau non entretenue, y mettre tout et n’importe quoi en matière de désinfectant, d’algicide, etc. ; tout cela pour peu ou pas de résultat.

De la même manière, en cas de problème inhabituel ou conjoncturel, ne vous précipitez pas sur n’importe quel produit. Cherchez à savoir ce qui se passe, puis « soignez » votre eau avec un produit adapté au problème rencontré. car il faut toujours s’en souvenir, tout ce que l’on met dans l’eau y reste, sous une forme ou sous une autre. chargée de tout cela, l’eau sera de plus en plus difficile à traiter.

  • Les correcteurs de pH

Le pH est un élément primordial dans le cadre du traitement de l’eau : plus le pH est proche de la neutralité (7,0) plus le chlore est actif et efficace. Ainsi, à 7,2 – 7,4 il est actif à 75 – 80%. Pour qu’il soit actif à 100% il faudrait un pH acide à 5,5, ce qui serait beaucoup trop agressif pour les baigneur et le bassin. A l’inverse, plus le pH est élevé (Basique), moins le chlore est actif (30% pour un pH à 8,0).

  • Les différents types de chlore

L’hypochlorite de sodium, ou eau de javel

L’eau de javel n’est plus utilisée dans les piscines familliales pour les raisons suivantes :

– le produit stocké se dégrade rapidement,

– une fois qu’il est dans l’eau, le soleil et la lumière le dégrade aussi rapidement, ce qui necessite un renouvellement quotidien, voire bi-quotidien, du traitement,

– son pH très élevé (12) modifie le pH de l’eau, et entraine une surconsommation de correcteur de pH,

– son utilisation augmente les problèmes d’entartrage du bassin, du filtre…

L’hypochlorite de calcium (HTH)

Plus facile à employer que l’eau de javel, l’hypochlorite de calcium se présente sous forme solide. Seul bémol à son utilisation, sa teneur en calcium, ce qui peut gêner les piscines déjà riche en calcaire (TH > 30°f). C’est pourquoi on le réservera à des actions complémentaires (principalement chloration choc). On peut également le choisir en traitement partiel et complémentaire du brome.

Les chlores organiques (chlore lent)

La particularité des chlores organiques vient de leur noyau chimique, l’acide cyanurique, qui leur offre une remarquable protection vis-à-vis des ultraviolets lorsque le produit est dans l’eau.

Les chlores organiques sont disponibles sous différentes formes, qui correspondent à diverses utilisations : actions longue durée, action rapide, action de choc (dite surchloration).

Leur seul inconvénient vient de l’acide cyanurique, qui fait paradoxalement aussi leur force. En effet, présent en excès dans l’eau, ce stabilisant fini par bloquer l’action du chlore.

Les chlores organiques se présentent sous 2 formes : Les galets et les pastilles. Les galets (200g) sont à utiliser dans le cadre d’une action longue durée et pour une chloration continue, alors que les pastilles (20g), grâce àleur dissolution rapide, permettent de remonter en quelques heures le taux de chlore s’il s’avère insufisant.

Le PHMB (JD Clar)

Le PHMB (Polymère d’Hexa Methylène Biguanide)vest une molécule chimique dérivée d’un antiseptique, la biguanide, et se trouve sous forme liquide (à 20%). Elle présente de nombreuses qualités : c’est un exellent désinfectant, insensible aux UV et aux variations de pH, son action est de longue durée. Sans odeur, ni goût, elle n’est ni irritante ni corrosive, et convient particulièrement aux peaux sensibles.

En revanche, le PHMB est très peu efficace contre les algues, c’est pourquoi on complète son action par l’utilisation d’un oxygène actif, du peroxyde d’hydrogène (JD Flash).

Le PHMB (JD CLar) est ajouté à l’eau toutes les 2 à 6 semaines, selon le degré de pollution. Et l’oxygène actif (JD Flash), est appliqué sur l’eau toutes les 3 semaines ( toutes les 2 semaines quand il fait chaud ou si la fréquentation est importante).
[/pane] [pane title= »Quand le chlore devient inactif »] Le stabilisant dit « Acide cyanurique », ne se dégrade pas dans l’eau, contrairement au chlore. Ainsi, au fur à mesure qu’on ajoute du chlore (stabilisé), on ajoute également du stabilisant, qui, lui s’accumule dans l’eau.

A partir d’une certaine concentration (75g/m3), il commence à bloquer l’action du chlore, par excès de protection, jusqu’à le rendre complètement inactif (entre 100 et 150g/m3). Résultat : le chlore ne peut plus se libérer !

Les symptômes ? Une eau de plus en plus verte, et ce malgré les traitements répétés. A l’analyse on constate un taux de chlore élevé, mais il est devenu complètement inefficace, et n’empêche donc plus la prolifération des algues.

  • Comment réagir ?

La seule solution est de déconcentrer, c’est à dire de faire baisser le taux de stabilisant en dessous du seuil critique de 75g/m3. Pour cela il faudra vider une partie plus ou moins importante de votre bassin (souvent les 2/3).

  • Petit conseil pour l’avenir…

Une fois de plus, en matière de gestion de l’eau, comme dans bien d’autres domaines, il vaut mieux prévenir que guérir. Il y a donc plusieur choses à faire pour éviter ce blocage :

– Apporter de l’eau neuve en quantité suffisante (renouveler entre 30 et 50% du volume d’eau chaque année),

– Contrôler le taux de stabilisant (votre concessionnaire Desjoyaux vous propose des analyses gratuites),

– Contrôler le pH (un bon pH contribue à l’efficacité du chlore, et en réduit les apports),

D’une manière générale, il est toujours préférable d’agir de façon préventive, en maintenant une belle eau, que de façon curative, en apportant massivement du chlore.
[/pane] [pane title= »Les systèmes complémentaires »]

  • L’électrolyse de sel

Le procédé par électrolyse de sel permet de produire du chlore inorganique (hypochlorite de sodium) à partir du sel (chlorure de sodium). Il présente l’avantage d’assurer un traitement continu de l’eau, sans que vous ayez à intervenir régulièrement.

Comment ça marche ?

Un courant électrique continu passant dans une solution ionique provoque des réactions au niveau des électrodes. C’est là le phénomène d’électrolyse. Dans notre cas, la solution est une eau très légèrement salée, dons les ions chlorure et sodium réagissent, attirés pas les électrodes, ce qui produit :

– de l’hypochlorite de sodium, dont la quantité dépend de l’électricité passée dans la solution (intensité et durée de passage),

– de la soude qui, étant basique, aura tendance à faire monter le pH de l’eau. Il faudra donc penser à suivre de près l’évolution du pH et intervenir quand nécessaire,

– de l’hydrogène, rejeté par les refoulements, et qui se dégage dans l’air. Ceci ne présente aucun risque, sauf si vous avez mis en place une couverture étanche (période d’absence prolongée).

De l’eau salée

Pour permettre le fonctionnement de l’électrolyseur, l’eau doit contenir entre 4 et 5 g de sel par litre, selon le matériel adopté. Il s’agit d’une très faible salinité, en comparaison de celle de la méditerranée (38 g/l) ou de l’atlantique (35 g/l).

Une production en circuit fermé

La production de chlore (hypochlorite de sodium) est constante, et dès que celui-ci a joué son rôle de désinfectant et d’oxydant, il se retransforme en sel dissous, prêt à être à nouveau retransformé en chlore. Il est malgré tout nécessaire de rajouter quelquefois du sel, car les baigneurs, l’hivernage, les passages de balai, etc…, conduisent à apporter de l’eau en complément, déconcentrant la masse d’eau existante.

Attention au calcaire !

L’action électrolytique créé, en présence d’une eau calcaire, un précipité de calcium qui aboutit à une formation de tartre, ce qui risque de bloquer, plus ou moins rapidement, le fonctionnement de la cellule.

Petits conseils

On recommande un léger apport en stabilisant (acide cyanurique), de l’ordre de 30 mg/l, de façon à mieux protéger l’hypochlorite produit vis-à-vis des UV du soleil.

N’employez jamais du sulfate de cuivre en complément. Les électrodes de la cellule n’aiment pas du tout cela !

  • La régulation du pH

L’appareil chargé de l’analyse et de la régulation du pH permet son maintien à une valeur de consigne programmée, comprise entre 7,2 et 7,4. La pompe doseuse envoie une quantité d’acide (pH moins) ou d’une base (pH plus), puis s’arrête, en fonction des informations transmises par la sonde.
[/pane] [pane title= »Certaines recettes sont à éviter »] Ne vous laisser pas tenter par les remèdes de « grand-mères ». Séduisant en apparence, leur efficacité n’est pas toujours prouvée, et ils ne sont pas forcément sans danger pour la santé des baigneurs.

  • Le sulfate de cuivre

Très efficace contre les algues, il est pourtant à déconseiller dans le domaine de la pisicne, sauf dans le cas d’un traitement spécifique (électrophysique cuivre/argent, céramique minérale active…), où des « traces » de cuivre sont diffusés de manière maîtrisée.

En effet, le cuivre ne se dégrade pas dans l’eau, et arrivé à un certain taux, sa présence devient préjudiciable à l’homme, provoquant des allergies, colliques, coloration des cheveux… La piscine aussi craint le cuivre en excès : son eau finit par se teinter, des tâches marrons indélébiles apparaissent sur le liner, les revêtements deviennent verdâtres…

Rappelons également que le cuivre est un métal lourd, dont l’usage est de plus en plus soumis à une réglementation drastique, de façon à protéger à la fois la santé et l’environnement.

  • L’acide chlorhydrique

On l’utilise parfois pour faire baisser le pH. Mais s’il est mal employé, il « cassera » les bicarbonates (indispensables à l’équilibre de l’eau et à la stabilisation du pH), favorisera la formation du tartre sur les parois et le fond du bassin, et détériorera les équipements.

  • L’eau de javel

L’eau de javel (ou hypochlorite de sodium) est bien sur un excellent désinfectant mais il n’est pas le chlore le plus adapté à la piscine familiale.

En effet, il présente plusieurs inconvénients : d’une part il se dégrade très vite lors de son stockage. Il est donc toujours très difficile de savoir quelle dose appliquer. D’autre part, une fois dans l’eau, il se dégrade aussi très vite sous l’effet des ultra-violets. Ceci conduit à traiter un peu à l’aveuglette, quotidiennement. De plus, le pH élevé (pH 12) de l’Eau de Javel n’est pas le bienvenu dans une eau de piscine où le pH idéal est de 7,2 – 7,4.

Si vous êtes conduit malgré tout à utiliser de l’Eau de Javel régulièrement, nous vous conseillons de lui adjoindre un stabilisant de chlore, à base d’acide isocyanurique pour le protéger des UV, et suivez de près votre pH.

  • Les produits trop « bon marché »

Ces produits « bon marché », que l’on trouve la plupart du temps en grande surface, ne sont malheureusement pas toujours d’une efficacité suffisante, soit parce que leur concentration est trop faible, soit parce que la matière active qu’ils contiennent est inadapté à l’usage recherché…

  • Les produits inadaptés

L’eau, matière vivante, peut être comparée à l’être humain à qui on prescrit un ou des médicaments en fonction d’un diagnostique préalablement établi.

C’est ainsi qu’un floculent, efficace pour clarifier une eau dans une situation bien définie, ne sert à rien pour clarifier une eau trouble due à un mauvais pH ou à une eau colorée par des algues suite à une prolifération récente, non traitée efficacement. Il faut, comme pour l’homme, un traitement correspondant à la situation et non n’importe quoi.